Souvenirs de Sidi Bel Abbes
Jean-Claude Rodriguez
Mon père 2/5
Le pays étant en guerre et l’Algérie en pleine construction, il découvrit que les conducteurs spécialisés de camions étaient très recherchés. Il fit ses premières armes en participant à des missions aussi exceptionnelles que périlleuses, mais relativement bien rémunérées. Un convoi de vingt camions avec quarante chauffeurs, vingt techniciens et un infirmier, partait d’Oran pour Adrar à la frontière du Soudan Français (aujourd’hui Mali) dans les années 1940/1. Ce convoi comprenait tout le matériel nécessaire pour repérer, tracer et baliser de nouvelles routes. Il atteignit rapidement les pistes. Il n’était donc plus possible de venir les assister en cas de besoin. Il était équipé de moteurs de camion de rechange, d’outillage, de grues, de groupes électrogènes, de citernes d’eau, de cantines avec nourriture et médicaments de secours. Ils arrivèrent enfin sur site après 3 mois de calvaire. Camions ensablés, moteurs grillés par surchauffe de température. Dysenterie, malaria et amibes furent le lot de tous ces ‘’pionniers explorateurs’’. Sur la soixantaine de personnes ayant participé à ce périple, seule une trentaine d’entre elles, vivait encore dans les années 60.
Ayant réussi à gagner un petit pécule, Jean épousa en 1943, Henriette, qui l’attendait depuis les années, où ils travaillaient ensemble à l’épicerie Sandoval rue Catinat, elle comme serveuse, lui comme garçon coursier. A l’arrivée de leur premier garçon, il entra comme chauffeur aux docks de Bel-Abbès. Tournez la page
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Jean et Henriette Rodriguez