Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Francis Rodriguez :
Négrier, mon faubourg,
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En remontant la rue du soleil,après le garage Abellan et Pastor, se trouvait une belle salle de prières, une fois par semaine, l’abbé Caparros venait parler de religion, c’était un cousin germain de mon oncle Calatayud du village Perrin, il s’exprimait dans un très bon castillan et jouissait d’un certain charisme, nous considérions cela comme un évènement, tous les anciens du quartier assistaient à son homélie d’une grande élévation de pensée dans la langue de Cervantès, la salle était pleine à craquer , hiérarchie décida de le remplacer par un jeune vicaire et l’auditoire s’évapora complètement, dommage d’arrêter là une si bonne initiative !!!
Il faudrait des pages et des pages pour énumérer et décrire en détail le pittoresque et l’attrait de cette multitude, de cette vie tissée de jeux, de musique et de rires sous le soleil le plus beau, ces quelques lignes ne sont qu’un clin d’oeil aux années bonheur vécues dans ma banlieue. Je suis un enfant de Bel-Abbès mais avant tout celui du faubourg Négrier.
je dirais simplement que c’est dans ce quartier que la mémoire du petit garçon que j’étais enregistra une bonne partie de ce que je sais aujourd’hui, c’est là que se forma ma sensibilité à ce petit monde auquel j’ai la ferme conviction de toujours appartenir.
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Je voudrais également citer les nombreux petits métiers, le rémouleur et le rempailleur de chaises, le rétameur qui réparait les trous des casseroles à l’aide d’ une baguette d’étain, mais aussi ceux qui vendaient de la calentica, des olives et des tramousses ou lupins, des chumbos ou figues de barbarie, des oublies, des sfinges ou beignets, des jujubes, le kilomètre ou sucre d’orge enroulé autour d’un bâton que l’on coupait à la demande, Ces marchands vendaient leurs produits exposés sur un éventaire constitué par une simple caisse en bois montée sur roulement à billes ou sur roues de fortune. Si par hasard l’un d’entre nous avait la pièce nécessaire, il était d’usage qu’il offrit quelques miettes aux autres`` pour goûter ‘’.
tramousses ou lupins
Figues de Barbarie ou chumbos
Tout cela faisait partie du quotidien et créait une ambiance chaleureuse dans notre quartier .
Dans le faubourg nous avions la chance d’accueillir, de temps en temps, des dresseurs d’animaux, je suivais ainsi avec intérêt le petit numéro de cirque de l’homme et son singe, je vis également un ours de petite taille qui obéissait aux ordres de son maître, ces pauvres hères ne recueillaient pas beaucoup de pièces du public, des commerçants complaisants leur donnaient soit une banane ou une pomme pour nourrir la bête. tournez la page