Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Francis Rodriguez :
Négrier, mon faubourg,
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La poissonnière avait une place particulière , elle demeurait dans `` la calle del sol ’’, en face de l’école Victor Hugo, madame Baus, dont le fils était un très bon coureur cycliste, vendait un excellent poisson, à la maison nous dégustions les sardines et anchois, colinots, calmars, crevettes et langoustines sans oublier les salmonetes ou petits rougets .
Dans les rues, un incessant ballet de petits commerçants de toutes sortes apportait une touche pittoresque à notre quartier, me faisant penser un peu ``aux embarras de Paris ’’de Boileau , les vendeurs donnaient tous de la voix pour attirer les clients, les spécialistes des volailles étaient les plus actifs, ils portaient d’ une main une gerbe de poulets et de l’autre un grand couffin où étaient rangés des œufs dans la paille. A leur écoute, j’enrichissais mon vocabulaire en langue arabe. tournez la page
enveloppe 1960 adresse rue Cavaignac à Sidi-bel-Abbès
Notre petit groupe parcourait les rues adjacentes avant l’arrivée de la voiture pour chasser les chiens, afin qu’ils ne se fassent pas prendre, nous devions faire attention, le gardien de la paix veillait et pouvait nous dresser procès verbal. Les marchands ambulants de fruits et  légumes sillonnaient le faubourg en poussant quelquefois leur petite charrette à bras, d’autres possédaient un âne pour la tirer. Les ménagères faisaient leurs courses en marchandant les prix, elles profitaient pour papoter et échanger des nouvelles du quartier et de Bel-Abbès, en ce temps là le bouche à oreille fonctionnait mieux que par les journaux, peu lus par les gens modestes .
marchand ambulant, esquisse de Jose Crespo