Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Francis Rodriguez : les vins Kinouri, page 2/3
Pour en avoir la cœur net, je demandai à papa de me donner son avis sur cette rumeur, il me répondit : ‘’ baliverne , ce n’est qu’une histoire de comptoir ‘’ . Il habitait une maison cossue à l’angle de l’avenue Bir-Hakeim et la rue de l’Yser, je connaissais bien l’endroit car le jardinier et homme de confiance de la maison, monsieur Garrido , habitait sur place, c'était le papa de Jean-Pierre, un bon camarade de jeux. Pierrot, comme tous ses amis l’appelaient dans le faubourg, épousa une demoiselle Fernandez Marie-Thérèse, fille d’une vieille famille belabbésienne d’origine andalouse .Monsieur P. Got, philatéliste averti, possédait une très belle collection de timbres qu’il avait installée dans une pièce de la maison , papa avait pu admirer l’exposition , les planches de timbres étaient exposées dans des vitrines . Pierre décéda relativement jeune, son fils qui portait le même prénom lui succéda à la tête de l’entreprise et la dirigea avec son oncle .
Henri, le cadet, à l’inverse de son frère était très réservé, il demeurait dans une belle villa rue du soleil. La maison donnait sur les cotés dans la rue Douaumont et la rue d’Arras , derrière un vaste jardin s’étendait jusqu’au petit canal d’irrigation, en face Mme et Mr Lavina feront construire la maison familiale à coté de chez Julot Pérez.
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L’épouse d’Henri, ancienne institutrice à Oued-Imbert, apportait un grand soin à sa belle basse-cour, elle élevait des poules de race toute noire, lorsque je sortais de l’école maternelle Paul-Bert, je m’arrêtais rue d’Arras pour voir toutes ces volailles, grand-père me hissait sur le rebord de la murette et je contemplais les poulets, canards, pintades et dindons s’ébattre bruyamment. Les grands garçons prenaient un malin plaisir à siffler pour faire glousser les dindons , madame Henriette Got les réprimandait vertement .
La haie le long de la rue Douaumont très touffue bordait le jardin (photo ci-dessous), des rosiers grimpants donnaient de magnifiques roses au mois de mai, le mois de ‘’ Marie ‘’, les filles essayaient d’en cueillir pour les porter à l’église, il ne fallait pas se faire prendre .
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A droite, maison d'Henri Got vue de la rue de Douaumont,  photo Lavina, détail