Pour en avoir la cœur net, je demandai à papa de me donner son avis sur cette rumeur, il me répondit : ‘’ baliverne , ce n’est qu’une histoire de comptoir ‘’ . Il habitait une maison cossue à l’angle de l’avenue Bir-Hakeim et la rue de l’Yser, je connaissais bien l’endroit car le jardinier et homme de confiance de la maison, monsieur Garrido , habitait sur place, c'était le papa de Jean-Pierre, un bon camarade de jeux. Pierrot, comme tous ses amis l’appelaient dans le faubourg, épousa une demoiselle Fernandez Marie-Thérèse, fille d’une vieille famille belabbésienne d’origine andalouse .Monsieur P. Got, philatéliste averti, possédait une très belle collection de timbres qu’il avait installée dans une pièce de la maison , papa avait pu admirer l’exposition , les planches de timbres étaient exposées dans des vitrines . Pierre décéda relativement jeune, son fils qui portait le même prénom lui succéda à la tête de l’entreprise et la dirigea avec son oncle .
Henri, le cadet, à l’inverse de son frère était très réservé, il demeurait dans une belle villa rue du soleil. La maison donnait sur les cotés dans la rue Douaumont et la rue d’Arras , derrière un vaste jardin s’étendait jusqu’au petit canal d’irrigation, en face Mme et Mr Lavina feront construire la maison familiale à coté de chez Julot Pérez.