Voyant que j’étais passionné, mon père m’avait délégué son pouvoir pour chercher nos stations favorites de métropole, (Europe1 ,Radio Luxembourg, Paris Inter, et Radio Toulouse) en combinant l’action du bouton des fréquences et l’orientation de l’antenne pour obtenir une écoute passable.
Chaque soir après souper nous écoutions le « journal parlé » de radio Alger, puis nous passions sur les stations de la métropole.
Certains jours mon père terminait ses corrections de cahiers à son bureau; mais d’habitude mes parents s’installaient dans les deux fauteuils placés en face l’un de l’autre le long de la double fenêtre de la salle à manger, tandis que je restais collé près du poste pour être prêt à tout moment à régler le volume du son ou la fréquence de la station, vu que je m’étais auto désigné responsable de la bonne qualité de l’écoute familiale .
Lorsque nous écoutions une pièce policière ou de théâtre, nous éteignions la lumière, dans l’obscurité seuls brillaient le tableau des stations et son petit voyant vert; j’aimais beaucoup cette intimité qui nous permettait de mieux nous plonger dans l’ambiance de l’histoire.
C’est ainsi que pelle mêle me reviennent les émissions qui ont bercé ma jeunesse dans notre maison de la rue de la paix à Bel Abbès et qui sans doute « diront quelque chose » aux Bel Abbesiens de ma génération .