Rober Bounneau :
Monsieur SCHENCK professeur d’Allemand
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Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
En seconde année d'Allemand, (en 3ème) chacun de nous se vit attribuer un correspondant allemand.
Le mien était le seul vivant en Allemagne de l’Est. L
ui aussi était musicien, mais c'était pour en faire une carrière professionnelle.
Sur les timbres de ses lettres, figurait le tout nouveau drapeau de la République Démocratique Allemande, identique à celui de la RFA, mais avec sur fond jaune le compas, le marteau et l'épi de blé, au lieu de l’aigle noir bicéphale de la république fédérale, pour bien rappeler qu’il s’agissait d’une « république de travailleurs ».
J’ai oublié le nom de ce correspondant. Il habitait en Thüringe, et étudiait à Eisenach, la ville natale Jean Sébastien BACH, dans un lycée musical réputé qui formait des futurs chefs d’orchestre. Il m’écrivait en Allemand et je lui répondais en Français.
Lorsque je rencontrais une difficulté, j'allais chez notre voisin de la rue de la Paix (faubourg Négrier), un adjudant de la Légion, qui non seulement traduisait, mais commentait quelquefois en me donnant des précisions utiles sur la vie de tous les jours en Allemagne.
Mon correspondant jouait comme moi du violon, mais également de l'alto, du violoncelle et du piano, et il me décrivait avec beaucoup d’émotion le bonheur intense qu’il ressentait chaque fois que venait son tour de diriger l’orchestre de chambre de sa promotion. C’était un très brave garçon, ravi de correspondre avec un Français, qui glissait toujours dans l’enveloppe un programme de concert, une carte postale ou des photos de sa famille qui avait l’air de vivre fort modestement. Tournez la page
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