Rober Bounneau :
Mes distractions et mes jeux dans les années 50,
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Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Les chevaliers:
Dans ce cas de figure, les chapeaux et les pistolets de cow-boys étaient remplacés par des boucliers et des épées en bois que nous avions fabriqués, et avec lesquels nous nous battions « comme au cinéma ».
Lorsque l'intensité du combat rapproché était à son comble, les onomatopées cédaient la place à des  extraits des dialogues cinématographiques d'Ivanoë ou de Robin des Bois; une phrase avait beaucoup de succès, surtout quand on y mettait le ton comme à l'école : « ah traitre avec cette épée tu vas mourir comme un chien! » Cela finissait assez souvent par des pleurs lorsqu’un coup d’épée maladroit finissait par faire mouche : le « blessé » rentrait chez lui en pleurant et en insultant le coupable, et tout le monde s’esquivait prudemment pour éviter de traîner dans les parages lorsque le père du « blessé » ferait une sortie tonitruante dans la rue pour rechercher le coupable.
Habitant dans un quartier plutôt retiré et tranquille nous pouvions jouer entre nous à bonne distance des « bandes des quartiers » qui nous inspiraient une peur bleue car notre bande de la rue de la Paix ne faisait pas le poids face aux effectifs pléthoriques de celles de la  rue du Soleil, de la rue Mogador, ou du Mamelon, qui, lorsqu'elles cherchaient un terrain vague suffisamment vaste pour y jouer
au foot, venaient parfois s'inviter chez nous sans nous demander notre avis. A chaque invasion de notre territoire, comme les copains je rentrai « fissa »à la maison au grand étonnement de mon père.
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Images de chevalerie tirées de la presse pour enfants des années 1950
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