Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Bachir Belhamza :
Il était une fois l’école de garçons indigènes
de Sidi Bel-Abbés
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Bienheureux alors celui parmi nous qui pouvait arriver jusqu'au guidon de la mobylette pour s'en saisir vaillamment avec quelques autres chanceux et ne plus s’en séparer jusqu'à la porte de sa classe pour la garer
Sa classe nous semblait être l'ile aux sept merveilles d'où parvenaient à nos oreilles charmées jusque dans nos classes, de belles chansons scolaires bien apprises et comme chantées d'une mélodieuse et même voix. Pourtant les grosses lunettes, le grand béret et le ton de sa voix un peu bougon quelquefois, n'inspirait pas spontanément de la sympathie à son abord ; Mais très vite cette sympathie s'imposait pour devenir une affection contagieuse et réconfortante, surtout pour les élèves qui étaient frustrés par des rapports trop rigides avec les autres maîtres et maîtresses. Nous ne le voyions jamais aller vers les autres instituteurs ou leur parler, même pas à Monsieur SURIOT, c’était un solitaire heureux. Il nous semblait se consacrer exclusivement aux élèves de sa classe et réservait une attention sincère et rassurante aux très nombreux autres élèves qui l'entouraient dans une joyeuse cohue à l'entrée et à la sortie des classes.
D’autres souvenir tout aussi précieux, de celles et ceux auxquels nous devons la gratitude du savoir acquis et de la bonne éducation, notamment la douce Mme PASCAL et son vélo, l’austère Mme BADENS et ses chapeaux, le vieux Mr SOUFI ,
Mr LEVY et son minuscule métier à tisser que tous ses élèves devaient monter pour apprendre les rudiments du tissage : Chaîne – trame - navette ;;;;;;;;; je m’en souviens encore. Un autre personnage nous impressionnait, mais d’une autre manière. C’était la concierge de l’école, une matrone brunâtre de taille imposante et qui faisait régner l’ordre, de sa voix particulière et inimitable dans le hall d’entrée et devant l’école, C’était son royaume, On l’appelait par euphémisme « Tante Rékia » Parmi les événements marquant cette période, je garde le souvenir des tournois sportifs scolaires avec l’engagement de nos deux vaillantes équipes de foot et hand ball
Ces équipes étaient couvées et coachées par Mr LEVY. Dotées de tenues flamboyantes, elles ont affronté les équipes des lointaines et prestigieuses écoles des quartiers huppés : VOLTAIRE , VICTOR HUGO et autres. Les résultats de nos poulains étaient plus qu’ honorables, C’était la fierté de toute l’école. Ces tournois furent pour notre école indigène, surtout l’occasion de se faire connaitre et d’être parfaitement intégrée dans le monde scolaire de la ville. Il faut dire que notre école était un peu la cousine éloignée de L’école MARCEAU, séparée de la nôtre par la route d’Oran ( Avenue LOUBET. Nous partagions en effet avec les élèves de MARCEAU, la cantine scolaire installée dans un grand local de la mairie et attenant à leur école.
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