Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Bachir Belhamza :
Il était une fois l’école de garçons indigènes
de Sidi Bel-Abbés
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Elle fût alors rebaptisée : ECOLE AVICENNE, nom qu’elle porte jusqu’à présent. Elle accueillit pour leur scolarité, de nombreuses générations de garçons indigènes provenant des quartiers arabes limitrophes. Située à l’angle des rue des Bains et rue des Jardins en contrebas de la rue d’Assas , elle avait face aux logements de fonction, rue des jardins, les hauts murs bleu et blanc des entrepôts TRANSPORTS BENYAMINE. Face à l’entrée de l’école, il y avait cette grande menuiserie - caisserie où l’on voyait à travers une obscurité permanente, de grands monticules de sciures de bois dissimulant les machines de menuiserie et leur grincement lancinant
J’ai fréquentée cette école de 1948 à 1954, période où elle était dirigée par Mr SURIOT, directeur autoritaire, craint et bien estimé par tous les élèves, même les plus rétifs. Les élèves étaient originaires de divers quartiers de la ville, notamment POINT du JOUR, MONPLAISIR, VILLAGE NEGRE, et pour un bon nombre de BARRIO ALTO
Nous étions en grande majorité et à de rares exception issus de familles modestes: Petits commerçants ou artisans, ouvriers et employés quelque petits fonctionnaires
Ceux de Barrio Alto avaient acquis la réputation de bagarreurs, habiles et imbattables joueurs en tout, j’avais eu quand même quelques bons camarades parmi eux.
Parmi les maîtres et maîtresses que j’ai connus, celui dont je garde des souvenirs impérissables, avec tous mes camarades de cette époque, est sans doute le mythique et emblématique Monsieur GILETTE. Notre ami André AMADEUF, lui a rendu d’ailleurs un hommage bien mérité publié sur notre site, au travers d’un texte à la pertinence littéraire remarquable,
Monsieur GILETTE et sa jambe de bois !
J’ai été à l'instar de tous les élèves de l'école, subjugué par ce maître qui nous paraissait venir du paradis
Nous étions souvent admiratifs ( et un peu envieux ) de ses élèves ( CP ) qui respiraient la joie, l'intelligence et le bonheur, sans que l'on sache comment ni pourquoi!
Monsieur GILETTE arrivait souvent assez tôt à l'école, ( en mobylette avec son gros sac en bandoulière ); il était accueilli invariablement par une longue ovation juvénile.
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