A deux M N on a le temps ! A trois M N c'est inquiétant ! A quatre M N c'est dramatique !!! Mr Lesaffre ne se mettait jamais en colère, il se contentait de mettre sur son carnet de notes une petite croix en face de nos noms. Désormais l'épée de Damoclès était au-dessus de nos têtes. Pour éviter la cinquième M N synonyme d'un dimanche calamiteux, nous fûmes atteints d'une frénésie hors du commun, d'une attention de tous les instants. Lors des récréations, avant d'entrer en classe, le soir en sortant du collège, en rentrant à la maison, nous échangions nos répertoires et demandions au copain présent de nous poser des questions sur nos fautes anciennes et sur les corrections que nous avions rédigées. En quelques semaines à défaut d'être brillants nous étions devenus des élèves convenables, et à la fin de l'année l'ensemble de la classe ne faisait pratiquement plus une seule faute en dictée, nousjonglions avec les propositions principales, les subordonnées relatives, les conjonctives, les pronominales etc...Les articles, les adjectifs qualificatifs, possessifs, indéfinis, les pronoms de toutes sortes, les conjonctions etc...