Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
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André Amadeuf :
Comment Jean-Pierre REY est devenu sportif 2/6

Revenons à nos moutons,c'est à dire à Jean-Pierre REY. Je pense que c'était en 1951, mais je n'en suis pas sùr. Nous avions été convoqués un jeudi après-midi pour participer au fameux challenge qui devait se dérouler route de Détrie sur l'Hippodrome, le mal nommé, car je n'y ai jamais vu un cheval courir.
L'état-major (Mr Dassié, Mr Michel, Mr Pujol) nous avait prévenus que la présence de tous les élèves était indispensable, que toute absence injustifiée serait sévèrement sanctionnée, par expérience, nous savions que les années précédentes les contrevenants avaient récolté quelques heures de colle. Aussi nous étions présents à presque 100/100 des effectifs. Les courses débutent par les Benjamins, suivent les Minimes, les Cadets, et enfin les Juniors.
La piste  de l'hippodrome est boueuse à souhait quand arrive le moment de lacher les Cadets, un déluge de pluie accompagné d'un vent violent s'abat sur les malheureux qui sont sur la ligne de départ. Celui-ci est donné, la meute stoïque s'élance, les premiers vigoureusement, les autres un peu moins, et là, à l'arrière du peloton un individu qui dépasse le lot de plus d'une tête apparaît. Avant le départ il s'était fait tout petit, mais maintenant il ne peut plus se cacher : comme une verrue sur le nez on ne voit que lui. Il ne s'est pas deshabillé, il a gardé son pantalon, sa veste, le tout recouvert d'un gros pardessus noir, il est chaussé de bottes en caoutchouc ,et pour couronner le tout, il s'abrite sous un immense parapluie noir qu'il a du mal à tenir ouvert en raison des rafales de vent.

Ci-dessus : Jean-Pierre Rey, entraineur bénévole en métropole(doc. 1968 Y. Rey)