Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
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André Amadeuf : L'équipe junior de Cross-country du Collège Leclerc de Sidi-Bel-Abbès Championne d'Algérie 1952. 4/7
Vers huit ou neuf heures le train nous dépose en gare de l'Agha à Alger. La fatigue se fait sentir nous sommes moins bruyants et nous nous demandons si l'intermède de Miliana ne va pas venir ternir une aussi belle équipée. Y aurait-il un comité d'accueil ? Nous sommes conscients de l'absurdité de notre comportement de la nuit. Par chance rien ne se passe! Nous sommes logés sur les hauts d'Alger , quartier de Ben Aknoun dans un immeuble neuf, éclairé par d'immenses baies vitrées. Je crois me souvenir qu'il était destiné à loger de futurs étudiants.
L'après-midi comme nous avons ''quartier libre'' et que je connais bien la ville, je me propose et suis aussitôt accepté comme guide officiel des Collégiens de Leclerc. Les professeurs vont d'un côté, nous de l'autre.
Nous visitons le Jardin d'Essais, le boulevard qui surplombe le port, la place du gouvernement sur laquelle se dresse la statue équestre du Duc d'Orléans, le square Aristide Briand que les Algérois s'obstinent à appeler Square Bresson bien qu'il ait été débaptisé depuis quinze ou vingt ans, les rues Michelet et d'Isly. Le quartier de la Grande Poste et le Monument aux Morts.
Monsieur Michel nous a recommandé de rentrer vers dix-neuf heures pour dîner ce que nous faisons scrupuleusement. Par contre les élèves de l'Ecole Normale d'Oran ne sont pas là ! Après le repas, nous faisons quelques parties de cartes et allons nous coucher. Impossible de dormir ! Il y a sans cesse un hurluberlu qui raconte une blague, l’un qui péte, le voisin qui répond en rotant, l'autre qui imite des cris d'animaux, le malheureux qui a réussi à s'endormir se retrouve au sol sous son matelas. Il rouspète si fort que tout recommence. A minuit le calme est revenu, enfin nous dormons ! C’est à ce moment que les normaliens rentrent.
Ils ont fait la fête et sont très excités. Ils allument la lumière, font un bruit d'enfer, réveillent les dormeurs, les godasses volent en tous sens car leur irruption nous a mis sur les nerfs. Un chahut monstrueux s'ensuit.
Les professeurs furieux arrivent en force, les injonctions fusent, des menaces sont proférées, le calme revient lentement, nous nous rendormons pour une heure ou deux. A sept heures: lever, toilette ,petit déjeuner. Nous nous traînons lamentablement jusqu'à onze heures, le déjeûner est alors servi. A treize heures un car nous véhicule jusqu'au stade où va se dérouler la course.