Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
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André Amadeuf : L'équipe junior de Cross-country du Collège Leclerc de Sidi-Bel-Abbès Championne d'Algérie 1952. 3/7
Des témoins signalent que dès le départ, les concurrents de l'Ecole d'Agriculture se sont engouffrés dans le boyau qui ceinture le stade. Pendant que nous souffrons sur le parcours long d'environ cinq kilomètres, ils contournent tranquillement les murs à l'abri des regards croient-ils ! Ils attendent que le premier coureur se présente à l'entrée du stade, sortent de leur cachette, le suivent...et nous devancent !! Justice est rendue, nous sommes rétablis dans nos droits, nous disputerons le Jeudi 7 Février 1952 les championnats d'Algérie à Alger.
Mardi 5 Février, nous sommes fin prêts. Dans la soirée avec l'équipe des cadets et monsieur Michel nous prenons à Sidi-Bel-Abbès le train jusqu'à Sainte-barbe du Tlélat. Nous changeons alors de train pour prendre celui qui de nuit rallie Oran à Alger. Nous nous retrouvons dans une voiture avec le reste de la délégation Oranienne.
Impossible de dormir, le train s'arrête dans toutes les gares. Nous nous promenons ou nous nous poursuivons dans les couloirs, ça crie, çà jure, çà drague, çà se bouscule, les voyageurs sont réveillés, Les professeurs essayent bien de remettre de l'ordre ,mais dès qu'ils ont tourné le dos cela recommence de plus belle !
Au milieu de la nuit et du trajet la locomotive à charbon stoppe à Miliana-Marguerite afin de refaire le plein d'eau et de combustible !! L'arrêt dure un bon quart d'heure. Miliana est une ville située en altitude dans les Monts de l'Ouarsenis, Il y fait froid en hiver, les quais de la gare sont recouverts de neige. C'est l'aubaine, toute la délégation de jeunes sportifs descend sur le trottoir, il s'ensuit une bataille de boules de neige aussi brève qu'acharnée. Le train va repartir, nous remontons dans la voiture, certains ont encore de la neige en main pour le cas où.....! Le convoi s'ébranle lentement, par les fenêtres ouvertes nous saluons comme il se doit le chef de gare par le refrain bien connu à l'époque.
-Il est cocu le chef de gare, s’il est cocu c'est qu'il l'a bien voulu etc..!
Ce dernier furieux, nous invective et se précipite vers Désiré Bougrine qui n'a pas encore refermé la portière et qui est debout sur le marchepieds. Mal lui en prend, il reçoit en plein visage la boule de neige que Désiré tenait en réserve. La locomotive accélère, le pauvre homme nous regarde partir en nous menaçant du poing ! Un bras d'honneur collectif sera notre réponse.(Qui dit que les jeunes d'avant étaient plus respectueux que ceux d'aujourd'hui ?)