André Amadeuf : 5 juillet 1962 3/9
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Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
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Nous entrons à Oran, faisons un grand détour, passons devant le stade Monréal pour nous rendre au centre ville !!
Des milliers d'Algériens en liesse nous font une haie d'honneur, ils chantent, ils crient, ils dansent, en apparence ils semblent bienveillants, des youyoux fusent. Je ne ressens aucune hostilité. Ils attendent paraît-il un défilé de troupes du F.L.N. Je dépose Martial à l'entrée du Château Neuf qui est la base de transit de l'armée. C'est par là que passent tous les militaires qui regagnent la France ou qui en viennent. Je me dirige aussitôt dans l'enceinte du port d'Oran à la recherche d'un aconier qui pourra faire embarquer ma voiture bourrée de ce qui nous est le plus précieux. Je contacte en vain plusieurs courtiers. Ils n'ont pas la possibilité de prendre en charge mon véhicule! C'est alors que des coups de feu retentissent au-dessus de nous dans toute la ville. Craignant un couvre feu et ne voulant pas être bloqué au port , je le quitte et me dirige vers le centre ville. |
Mon but est de sécuriser ma 404 qui n'est pas encore totalement rodée, je vais la déposer au Garage Peugeot qui est situé si j'ai bonne mémoire au carrefour de la rue de la Vieille Mosquée et de la rue Lahitte. Ensuite , je me rendrai à l'hôtel de la Vieille Mosquée où j'ai retenu une chambre et j'attendrai que la situation se calme!.
Je remonte du port par la rampe du Capitaine Valès. Au carrefour avec la rue El Moungar, je croise sans problème une voiture occupée par des membres en armes du F.L.N. je leur demande par gestes ce qui se passe ? Ils n'ont pas l'air de savoir ! Ils ne sont pas hostiles. Par chance ils continuent leur chemin, moi le mien !!! J'arrive au garage Peugeot, je gare ma voiture, le gardien des lieux : un Français, décide d'en fermer l'entrée. En effet, nous pouvons apercevoir au croisement de la rue Jalras et de la rue d'Alsace-Lorraine devant la brasserie Bousquet (Je connais bien Mr Bousquet qui est le président de la ligue de handball de l'Oranie) des hommes du F.L.N. qui tirent à la mitraillette dans la rue d'Alsace-Lorraine. Il nous semble qu'un corps est à terre ! Tournez la page |