André Amadeuf : 5 juillet 1962 2/9
|
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
|
Je n'arrive pas à réaliser tout ce que je suis entrain de perdre: un mode de vie, mes amis, mes petits élèves, les lieux familiers que j'aime, mon jardin public si facile d'accès par le portillon de la clôture qui sépare notre cour de ses allées ombragées, ma chère Mékerra témoin privilégiée d'innombrables parties de pêches et de baignades, mon Collège Moderne devenu Lycée Leclerc, les associations pour lesquelles je me suis beaucoup investi, le club d'athlétisme de la J.S.O.B.A., celui du S.A.B.A. et surtout la Maison des jeunes et de la culture et son magnifique club de handball . Hier encore j'en étais le président, aujourd'hui, je ne suis plus rien!!!
Il me faudra 47 ans pour pouvoir en reparler, essayer d' oublier les mauvais souvenirs pour ne garder que les meilleurs. Pourtant il y en a un que je voudrais occulter mais qui est resté gravé dans ma mémoire ,en voici le récit. (note2) |
Le 5 juillet 1962 je me rends de bon matin en voiture glacis Sud, Avenue du Maréchal Foch, derrière l'école Paul Bert.
Tous les jours un convoi de véhicules civils et militaires escorté par la Légion et à destination d'Oran se rassemble à cet endroit J'ai le plaisir de prendre à bord de ma Peugeot 404 Martial Gonon un copain qui était en classe de première avec moi en 1954-55 au Collège Leclerc, il est lui-même satisfait de voyager confortablement avec un ami. Bien que Sous-Lieutenant de réserve il n'avait droit qu'à s'installer dans la caisse d'un camion de l'armée. Il est en uniforme et représente pour moi un gage de sécurité. Lorsque nous traversons le village des Trembles ? Celui de Oued imbert ? un barrage de F.L.N. veut nous contrôler, comme nous sommes entre deux camions de la Légion nous n'obtempérons pas. Tournez la page |