Manuel Rodriguez : réflexions sur le faubourg Négrier, l'école Victor Hugo, la scolarité des enfants ! 2/9
|
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
|
Les mots soulignés renvoient à des documents de Mekerra, cliquez dessus pour afficher l'image.
|
|
La distillerie Bodet, le liquoriste Lévréro, les négociants en vins, les frères Got, la Glacière municipale, le garage poids lourds Torregrossa, constituaient les plus gros employeurs de main-d’œuvre.
Le faubourg n’était pas peu fier que notre glorieux SCBA lui fît l’honneur d’évoluer au stade Paul André, implanté tout au sud de la rue Courbet. Des colons aisés occupaient de belles villas en bordure de l’avenue Bir Hakeim. En réalité, ils nous tournaient le dos, regardaient surtout vers la ville et vivaient un peu en vase clos. On pourrait excepter Pierrot Got, bon fêtard, qui aimait s’entourer d’une petite cour d’amis du faubourg, souvent chasseurs comme lui, et qui organisait, chez lui, des repas hauts en couleur au cours desquels, disait-on, on mangea parfois du civet de chat. Tous les autres hôtes de ces belles résidences restaient dans leur tour d’ivoire, totalement coupés du quartier. On ne les voyait jamais dans les commerces du coin, ne serait-ce que pour acheter une baguette de pain. Ils faisaient partie d’un autre monde. |
Ils employaient cependant un jardinier, homme à tout faire, et une femme de ménage, cuisinière, repasseuse et couturière à la fois. C’était le seul lien qu’ils entretenaient avec le peuple local.
Enfin une petite parenthèse pour préciser que le Collège Moderne, sur le tard Lycée Leclerc, appartenait également au faubourg .Il était cependant un peu excentré au Nord-est et ouvrait grand ses portes sur l’Avenue Bir Hakeim. Les gens de « Négrier » étaient souvent bilingues. Certains même ne parlaient que l’espagnol ; surtout ceux qui étaient nés avant 1900. La frontière linguistique, passage de la pratique du bilinguisme à celle exclusive du français, se situait dans les Glacis sud. Un no man’s land de plusieurs centaines de mètres de long et cent mètres de large, traversé par un petit canal d’irrigation et planté d’énormes platanes, qui séparait le centre ville des jardins du « faubourg espagnol », comme en fait mention un plan de 1881. Tournez la page |