Sidi-Bel-Abbès, qui abrite la Légion, est une petite ville paisible qui ressemble à n'importe quelle sous-préfecture de la Métropole. Une
grande rue, un Café du Commerce, des boutiques bien achalandées, des pâtisseries qui offrent leurs tentations sucrées, des charcuteries qui étalent des kilomètres de toutes les saucisses. S'il n'y avait pas ce soleil éclatant, ces hommes au teint d'ambre, cet envol de burnous et ces petits cireurs impertinents qui m'arrêtent en pleine rue pour m'offrir leurs services, je me croirais encore en France. Et puis... il y a autre chose : les casernes du Ier Régiment Etranger, devant lesquelles je fais halte. Longtemps, je reste là, immobile, une main pressée sur mon cœur qui bat trop vite, insensible aux regards étonnés des plantons qui montent la garde. C'est là que, désormais, François connaît son nouveau destin...