recherche documentaire de Raymond Galipienso

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Inauguration du Théâtre municipal de Sidi-bel-Abbès en décembre 1936, page 2/4
Du théâtre des premières heures de l'occupation de ce pays, nous avons fait celui que nous inaugurons aujourd'hui. Il n'est pas besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer aimait à proclamer Guillaume III de Hollande ; notre édilité s'est inspirée de cette maxime.
Elle a entrepris, elle a réussi : elle persévère, dans tous les domaines de l'activité communale, sociale, édilitaire. Elle inaugure aujourd'hui le foyer de l'art, avant d'inaugurer demain, des crèches, des écoles de musique, des asiles de vieillards, des hôpitaux ; après avoir songé aux oeuvres sociales et scolaires, aux marchés, aux embellissements urbains etc...
M. Bellat poursuivit en remerciant tous ceux qui ont concouru à la réalisation de cette merveilleuse salle en tête desquels il cita tout particulièrement M. Montaland.
Certes, dit-il, nous savions que le maitre Montaland, avait déjà de nombreuses réalisations à son actif, dans ce domaine qui lui est cher. Mais, et je dois à la vérité de le dire, il a dépassé nos espérances... Il a vu grand, il a vu beau, il a vu simple en même temps. Et cela n'est pas un mince éloge ! Il a réalisé un véritable miracle de modernisme et de goût français, d'une mesure et d'un tact architecturaux incomparables. C'est vraiment et dans la plus complète acception du terme, un grand artiste. Il a su créer un théâtre, à l'image de l'ensemble de la ville ; à la femme élégante, coquette, d'une attirance déjà par elle-même infinie, il a ajouté le joyau de prix, le collier de perles qui en rehausse la beauté.
Et le maire termina ainsi : le nouveau théâtre restera le témoin vivant et splendide des efforts que nous avons consacrés depuis à la renaissance générale de la ville. On pouvait peut-être faire mieux. Nous avons conscience d’avoir fait le plus qu'il était possible et avec les moyens dont nous disposions.
L'emprunt contracté pour l'édification du monument qui fera l’orgueil de Bel- Abbes sera amplement amorti par le revenu des locations des magasins installés au rez-de-chaussée. L'art et la meilleure gestion des finances de la ville auront été ainsi alliés, celui-là servi au maximum, celles-ci sauvegardées au maximum également. Nos arrière neveux sauront, nous en sommes certains, mesurer l'ampleur de l'effort ainsi fourni. Et, en attendant, nos contemporains pourront, sous l'égide de Melpomène et de Thalie, qui décorent si heureusement la façade du théâtre, assister à des représentations de choix.

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Melpomène et Thalie, fresque de Ferrando, cpa Jeannine lagadec