Le tableau qui est à droite représente le sergent Bobillot et ses légionnaires sur la brèche de Tuyen-Quan : 380 légionnaires et une compagnie de tirailleurs tonkinois, sous le commandement du chef de bataillon Dominé, tinrent en echec, pendant trente six jours, toute une armée de 20000 chinois. Lorsque après le combat de Hoa-Moe, ils furent délivrés, il ne restait plus que 232 combattants : tous les autres étaient morts ou blessés.
Ceux qui ont fait cette histoire sont en partie figurés sur ces portraits donnés par les intéréssés ou leurs familles. Ce sont les Maréchaux Canrobert et Mac-Mahon qui furent le premier colonel, le second, lieutenant-colonel de la légion, le général Brayer qui fué à Gravelotte ; le général Saussier, qui passa dix-sept ans dans ses rangs en Algérie, en Crimée, au Mexique ; le général Delebecque, qui fit ici ses premières armes ; le capitaine de Pontécoulant, un bienfaiteur de la légion : le général Renault, surnommé <<l'arrière-garde>>, qui fut tué à Champigny, le général Mellinet, qui commandait une division de la garde à Magenta (c'est lui qui a jeté les premières assises de Bel-Abbès) ; le général de Négrier qui dirigea la colonne du Sud-Oranais en 1881 ; le général Grisot commandant du 11ème corps d'armée ; le général Bedeau, un légionnaire de la première heure ; le maréchal de Saint-Arnaud, qui commandait, en 1837, à Constantine, sur les hauteurs du Koudiat, le détachement de la légion qui prit un drapeau aux arabes
.
Dans ce groupe, plusieurs photographies de colonels de la légion ; -entre autres celles du général Jeanningros, du général Guilhem, qui fut tué en 1870 au siège de Paris. Au-dessus, le portrait de Holsen, qui en 1840, mourait d'épuisement avec 240 hommes de son détachement au Fondouck. A la même date, 740 légionnaires résistaient pendant quatre mois aux attaques incessantes des Arabes ; lorsqu'ils furent dégagés, les deux tiers étaient morts, blessés ou mourants.
Au-dessus est le portrait du colonel Viennot tué à Sébastopol. A sa droite, le colonel de Villebois-Mareuil, qui alla chercher la mort au Transvaal; le général Bertrand, notre général de brigade, qui nous a conduits, il y a trois ans, à Igli, le commandant Jauvax, qui tomba percé de doups de lance au Dahomey, mais qui sauva le corps expéditionnaire. Grandes physionomies : le général de Lacretelle ; le général Zédé, qui servirent longtemps à la légion. Au-dessus les photographies du commandant Barre, mort à Madagascar ; du capitaine Melle, tué à Sontay.
Ce musée n'est créé que depuis une dizaine d'années. Aussi nous manque-t-il encore les images de beaucoup de nos camarades morts à la peine ou au feu qui méritent un pieux souvenir.
La plus grande difficulté que nous rencontrons pour compléter ce musée est la modestie des officiers, qui firent tout naturellement, sous l'inspiration du sentiment du devoir, des choses surhumaines. C'est le cas du commandant Dominé, dont nous ne pouvons obtenir l'image. Tournez la page
Visite du Président Emile Loubet
à Sidi-bel-Abbès
le 18 avril 1903 2/3