Le président Loubet et les caids

Tandis qu'il parlait, je regardais le cercle des représentants élus et des fonctionnaires rangés autour de la salle, et je fixais mes yeux sur un visage de caïd qui ne m'était point inconnu ; et je me souvins tout à coup de son nom : c'était Mouley Aïssa, qui me fit jadis l'honneur d'une reception fastueuse dans son douar et d'une inoubliable diffa où me furent révélés les mérites de l'agneau rôti. Un de ses collègues était debout à côté de lui, le caïd Boukhouyi, fils du lieurenant de spahis qui, non loin de Sidi-Brahim, au col de Kerbous, prit de sa propre main le 24 décembre 1847, le chef des chefs, le grand émir Abd-el-Kader.Nous sortons de la gare
"Le Président serre de nouvelles mains, puis il monte en voiture. Les photographes se précipitent, car la tenue du Président est sensationnelle : au-dessus de l'habit noir, il a coiffé le casque blanc"
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Dans la cour, quinze caïds des environs, drapés dans leurs burnous rouges, inclinent devant le Président, en signe de fidélité, leurs cimeterres courbes. Les fanfares éclatent ; les troupes se tiennent immobiles. Le Président serre de nouvelles mains, puis il monte en voiture. Les photographes se précipitent, car la tenue du Président est sensationnelle : au-dessus de l'habit noir, il a coiffé le casque blanc, comme les journalistes du cortège ont fait depuis deux jours, et, autour de lui, tous l'ont imité, MM. Fallières, Etienne, Combarieu, Saint-Germain, Trouin, Mollard lui-même. M. Varnier, seul, a résisté à l'exemple. Il promène, sous son chapeau haut de forme, sa figure triste et son regard las.
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Visite du Président Emile Loubet
à Sidi-bel-Abbès
le 18 avril 1903
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