je me souviens bien de ce sacré papier journal
IL ETALAIT MIEUX QU'IL ESSUYAIT
c'était pas la joie et en plus il fallait arriver avec son seau d'eau sinon otra péléa. (Annie)

Oui Adrienne, un WC à la turque pour 30 personnes et des litres et des litres de crésyl. Et dire que M... se permettait de lire le journal alors que la file d'attente s'allongeait ce qui lui valut un seau d'eau par le petit . Mais comment faisait-il sans siège ?..
C'est vrai Jean-claude qu'il fallait renouveler le stock de papier journal. Nos fesses étaient informées des événements!...
Tous les étés, nous étions victimes du trachome : yeux collés, chassieux (lagañosos). Nous parcourions la chambre noire dans tous les sens, maudissant ciel et et terre! Ma mère faisait bouillir de l'eau y ajoutait une pincée de sel ou de bicarbonate et nous arrivions péniblement à les décoller. La solidarité n'était pas un vain mot dans ce Patio.

Ayant eu la possibilité de suivre un traitement à l'hôpital, nous fûmes conduits par le Tio Mechon qui n'hésita pas à atteler le petit âne à la charrette.
Une voisine était solicitée pour "sacar el sol" à la suite de maux de tête répétés. Une asssiette sur la tête avec un peu d'eau du sel, un verre et 9 boulettes de papier. Chaque boulette allumée puis plongée dans l'assiette et recouverte par le verre. Il s'ensuivait un pschitt..., elle se concentrait et priait. L'opération était répétée encore deux fois avec 7 puis 5 boulettes.
Pour l'angine, on faisait appel à l'abuelita qui massait le poignet.
La bronchite enrayée par la préposée à la pose des ventouses.
Pour les maux de gorge, on avait recours à la graisse de poule autour du cou. On badigeonnait l'arrière- gorge de bleu de méthylène ... et même parfois on suçait un morceau de sucre trempé dans un pétrole spécial.
Nous avions recours à ces remèdes car nous ne voyions le médecin que très très rarement. Pas de sécurité sociale !...(François Cazorla)

Comme le souligne "Paquico", pour les soins de santé autrefois, c'était le système "D" qui entrait en lice.
Mon grand-père était un grand adepte des "Ventouses" en cas de gros rhume. Il fallait parfois aussi lui frictionner la poitrine avec du pétrole(??), puis il s'appliquait ensuite une page de l'Echo d'Oran sous son maillot de corps.
Tout rentrait alors dans l'ordre tant bien que mal.
Avant la rentrée des classes, fin septembre, c'était l'époque où les gamins se réveillaient les yeux collés ( chassieux).
Il fallait pleurer pour que la maman intervienne au plus vite et nettoie ces "lagañas", chassies.( voir les précisions apportées ci-dessus par François)
Avec les "ojos lagañosos", nous avions donc , durant quelques jours, les yeux rouges; des petits yeux, miteux, "chuchuríos".
Les gens disaient que cette infection des yeux avait une relation avec les grenades, un fruit qui arrivait à maturité en début d'automne.(?!?)
(Manuel )

Extrait du Forum : Dans mon patio 2/9
Souvenirs collectifs de Sidi-bel-Abbes
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