Un Souvenir inoubliable pour le gamin que j’étais. Fin 59, la guerre et les embuscades, plus question de l’accompagner. Afin qu’il puisse se protéger, les Ponts et chaussées lui ‘’avaient offert’’ un pistolet mitrailleur. Il s’en sépara immédiatement, car disait-il : » Si les Fellaghas me prennent avec cette arme, je n’ai aucune chance de survivre, alors que sans arme, j’ai peut-être une petite chance !!!! ».Bien des années plus tard, en France, il nous confia qu’un grand nombre de fois au détour d’un chemin, sur le faîte d’une colline, il avait aperçu les rebelles en embuscade. Dieu l’aida lui et son graisseur, car ces 2 personnes ne représentaient rien pour eux, ils attendaient plutôt les convois et l’armée. Quel courage fallait-il simplement pour gagner sa vie, et combien de cierges brûla Henriette son épouse ! Jeannot, c’était mon père, un fils d’émigré Espagnol, un ’’colonialiste’’, un bâtisseur de l’Algérie, un grand Monsieur, très courageux.