Mme Joseph Puga :
Avenue Kleber , page 2 (extrait de Khemia)
Souvenirs de Sidi-bel-Abbès
Alors j'ai couru, j'ai pris dans mes bras l'adorable petit chien noir avant que l'employé n'arrive avec ses grands outils à saisir les chiens. Mécontent, il s'en alla vers la voiture où deux chiens gémissaient dans des cages.*
En été, l'arroseuse municipale passait et arrosait les rues et souvent donnait plus de pression et les trottoirs étaient mouillés. Les enfants aimaient que le jet d'eau leur mouille les jambes, mais par surprise, des fois cela allait plus haut. Le vendredi, il y avait plus d'animation car beaucoup de musulmans allaient au Marabout et au cimetière, après le passage à niveau et c'était un va-et-vient de femmes et d'enfants.
Lorsque l'ombre et la fraîcheur le permettaient, les voisins sortaient leurs chaises devant la porte et profitaient de ces moments en attendant l'heure du dîner. Chez Angèle, les enfants trouvaient leur bonheur : des petites souris, des pièces de cinq francs, des têtes de nègre, des pelles, des torsades en réglisse et des bonbons de toute sortes et de toutes les couleurs, des billes de "chigom".
Ah ! que les cacahuètes toutes chaudes étaient savoureuses.
Ainsi se passaient les journées de notre rue, comme dans toutes les rues de tous les villages, sans doute, mais c'était notre coin
L'épidémie de rage sévissait, la fourrière municipale faisait la chasse aux chiens errants.