Ici la Compagnie Algérienne employait toute une population de journaliers espagnols du sud de la péninsule pour cueillir sur 300 000 hectares l'alfa destiné entre autres surtout à l'exportation vers les industries européennes de papier. Ces ouvriers très résistants aux conditions climatiques avaient pour la plupart l'expérience des « atochales » d'Andalousie et fournissaient des rendements très supérieurs à ceux que les rares candidats indigènes n'avaient jamais pu atteindre.
Le 11 juin 1881 les milliers de cavaliers de la tribu des Ouled-Sidi-Cheikh dirigés par Bouamama surprennent et encerclent les chantiers où travaillent des milliers d'ouvriers pacifiques et désarmés qui ne peuvent se défendre, tandis que les casernements de l'armée régulière se trouvent à plusieurs heures de marche de ces lieux. A dix contre un, ils massacrent au sabre ou avec des armes à feu les pauvres alfatiers. Au cours de leur avancée les djihadistes transpercent égorgent ou décapitent les civils qu'ils rencontrent.