Assis au coin du feu, un bâton de réglisse coincé entre les dents, comme avant, Tomas se repasse les images de son retour. Toute cette foule qui les attendait sur le quai, les cris, les bras qui s’agitaient. Tous ces gens qui pleuraient, qui s’embrassaient, et puis le voyage en camion jusqu’à Sidi bel Abbés, les adieux aux compagnons d’armes, les cinq kilomètres de marche pour rejoindre le village de Détrie où Isabelle s’est installée avec les enfants chez ses parents, pendant la durée de la guerre. Cinq bornes blanches avec des chiffres noirs, plantées en bordure