Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Francis Rodriguez : mon facteur 2/3
Dans notre quartier , le facteur s’appelait monsieur Lévy , c’était un homme proche de la cinquantaine , grand , mince , il portait le képi et la tenue règlementaire . Lorsqu’il pleuvait il mettait une longue pèlerine noire avec une capuche . Il effectuait sa tournée à bicyclette , il rangeait ses lettres dans une espèce de grande boîte qu’il portait en bandoulière et qui lui servait de sacoche , il la faisait glisser sur le coté quand il enfourchait son vélo afin de mieux pédaler .
Notre ami facteur avait plusieurs enfants, je me souviens du benjamin, légèrement plus jeune que moi et allait en classe à l’école Voltaire. Quel personnage ce monsieur Lévy !!! Il parlait l’arabe et l’espagnol et avait grand mérite à déchiffrer les adresses pas toujours bien lisibles .
Il effectuait sa tournée avec une grande régularité, son passage était un point de repère pour les ménagères, souvent l’on entendait dans la rue la phrase rituelle ’’ il est passé le facteur ? ’’ . En remettant sa lettre , il avait toujours un petit mot pour la personne qui la recevait . Notre postier aidait régulièrement certaines personnes en difficulté à rédiger l’adresse du destinataire sur l’enveloppe . Par certaines de ses attitudes , il me faisait penser au héros du film ’’ Jour de fête ’’ de Jacques Tati , je dis cela avec une grande tendresse pour ce fonctionnaire qui faisait partie de notre quotidien , c’était une personne attachante .
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