En embrassant du regard l’étendue de cette claire obscurité qui m’enveloppait , attendri , j’avais envie de chanter quelque chanson qui me serait venue du cœur … il faut avoir vécu à Bel-Abbès pour comprendre l’admirable sérénité de telles nuits . Ce moment merveilleux me faisait oublier notre installation qui était des plus austères , l’encadrement me semblait trop rigide , aussi , avec mon copain Édouard nous décidâmes de nous évader du camp en faisant de l’auto-stop sur la route nationale passant à 200 mètres de là . Un matin , nous longeâmes la lisière de la forêt puis en nous courbant dans les hautes herbes nous nous dirigeâmes vers la route. Nous étions là depuis quelques minutes lorsque nous vîmes arriver les moniteurs , une bonne âme leur avait tout raconté , nous fûmes privés de confiture au petit déjeuner .