Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Francis Rodriguez : le camp de vacances 01
Comme de nombreux adolescents, je faisais partie des louveteaux de la section des loups gris. Un camp d’une semaine fut organisé au début du mois de juillet de l’année 1953, il devait être installé dans les environs du Télagh. Le matin prévu nous prîmes le car en face du cinéma Vox, de la Société Diégo Arnal . Parmi les participants se trouvaient deux anciens camarades de l’école Voltaire, Édouard Anfossi fils du tailleur de la place Carnot et Alain Fraisse orphelin de père, sous-officier de la légion. Par la fenêtre de l’autobus je contemplais la campagne belabbésienne, les champs de céréales se succédaient avec les vignes et les oliviers entrecoupés par les belles forêts de khamissis et de Ténira. Après avoir traversé les localités de Tirman et du Télagh,
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le car s’arrêta près de la borne kilométrique indiquant Bel-Abbès 59 km, nous étions proches du village de Bossuet, chacun de nous mis son sac sur l’épaule et nous nous dirigeâmes en lisière de la forêt qui se trouvait sur la droite. Les tentes furent montées et nous allâmes à la ferme Bougeon de l’autre coté de la route nationale pour prendre de la paille afin de garnir notre grande enveloppe de toile rectangulaire qui allait nous servir de matelas. L’endroit était très beau, au milieu du pré jaillissait une petite source, l’eau fraîche et limpide coulait avec un bon débit et nous servait le matin à nous débarbouiller. Dans la journée nous parcourions la magnifique forêt peuplée de pins, de chênes verts, de chênes-lièges, de lentisques , de cerisiers sauvages et de genévriers... Sur notre passage je reconnus des arbousiers aux fruits délicieux, mes camarades ne connaissaient pas cet arbre, papa chasseur me rapportait souvent des arbouses qu’il plaçait dans un grand cornet confectionné avec une feuille de papier. Lentement la nuit tombait. Après cette torride journée de juillet, la fraîcheur s’élevait, un souffle doux caressait les branches des arbres. Je levais la tête vers le ciel couvert d’étoiles qui brillaient de mille feux, la lune resplendissante illuminait les bois, un charme étrange parcourait la forêt.
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Mairie de Tirman