Ecritures de Sidi-bel-Abbès
Francis Rodriguez : Salam Bouazza, page 2/3
Cet homme devait approcher de la soixantaine , nous le connaissions que de vue mais j’avais pour lui un grand respect, avec mes amis nous lui lancions toujours’’ Salam Bouazza ‘’ pour lui dire bonjour, il tournait la tête, un éclair illuminait son regard et il nous faisait un grand sourire en nous répondant ’’ Salam’’ laissant entrevoir ses dents blanches qui tranchaient avec son visage brûlé par le soleil et buriné par les années. Il tenait dans sa main droite un fouet qu’il faisait claquer de temps en temps au dessus des oreilles de son cheval pour lui faire accélérer l’ allure L’ami Bouazza habitait le douar des Amarnas, il faisait partie de la grande famille des Belhaouari, j’allais avec papa chasser la tourterelle dans les environs. Grand-père connaissait bien le ‘’ Vieux ‘’ Belhaouari, lorsqu’il était jeune, avec son beau-frère, ils se rendaient à la ferme charger leur charrette de fourrage pour le vendre aux éleveurs de chevaux et de mulets. Au début du siècle dernier notre quartier abritait de nombreuses écuries ainsi que des étables de vaches laitières.
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Mon aïeul parlait couramment l’arabe, il me racontait comment le patriarche Belhaouari l’accueillait dans sa propriété , c’était un’’ Seigneur ‘’ me disait-il . Sur ses quelques hectares de terre , Bouazza cultivait le blé et l’orge , je l’avais vu arriver aux Docks pour faire sa déclaration de récolte et la livrer, il élevait des chèvres, des moutons ainsi que quelques mulets, notre ami possédait également une vaste basse-cour cela lui permettait de vendre les poulets et les oeufs sur le marché de Bel-Abbès . Tournez la page
La campagne près du douar des Amarnas en 1955