De sorte que les gens se fréquentaient surtout à l’intérieur de ces subdivisions et que toutes les composantes de notre population y étaient représentées. L’avenue Pasteur, ma rue natale, offrait ainsi une illustration de cette situation car traversant le quartier du nord au sud elle constituait un peu l’axe de transition du P.D.J « profond » tandis que l’avenue Fallières et à un degré moindre la rue Molière nous ouvraient l’accès vers la ville.
Les habitants de cet ensemble assez disparate se connaissaient donc surtout lorsqu’ils étaient géographiquement proches les uns des autres, qu’ils avaient fréquenté la même école (Eugène Etienne, Voltaire, Turgot ou Molière pour les plus jeunes), plus tard le lycée ou qu’ils avaient des relations professionnelles voire des loisirs communs ( le boulodrome rassemblait beaucoup de monde).
Dans le cadre ainsi défini les relations entre voisins étaient comparables à celles existant ailleurs avec peut-être une convivialité plus paisible parce que moins diluée : les veillées estivales y étaient particulièrement agréables . Quant aux enfants ils avaient à leur disposition des rues peu encombrées et y organisaient les jeux que nous connaissons tous : des billes à « Tocino » et plus tard les derby chaudement disputés entre P.D.J,Village nègre, Gare de l’état, la Barsa, la Marine….
Comme je l’écrivais plus haut je pense avoir bien connu ma ville car j’en ai fréquenté presque tous les faubourgs, avec une prédilection pour Mamelon, Calle del sol, Thiers et Perrin, mais Mon Quartier, j’allais écrire « Ma Rue », reste constamment présent dans mon esprit et mes amis d’alors le resteront à jamais car notre vie y a pris racine de façon indélébile