Il apparaît ainsi avec évidence que faute de célébrités mondiales ou de nouvelles vedette starisée à mettre en exergue nos amis dans leurs différentes évocations n’aspirent plus à l’Olympe mais ont reporté leur attention sur des personnages plus accessibles, mais non moins méritants, que la majorité d’entre nous a connus : médecins, enseignants, administrateurs, artisans, ouvriers, bénévoles de tout genre ou simples « figures » de nos quartiers dont les blagues, l’originalité et la convivialité ont enrichi notre quotidien. Une unanimité semble avoir ainsi retenu l’apport de tous ceux qui dans leur activité professionnelle ou par leur contribution à la vie commune de notre collectivité ont jalonné notre jeunesse de repères fondateurs sans lesquels notre vie d’adulte eût été différente. Chacun de nous pourrait citer les maîtres qui l’ont instruit, le médecin qui l’a soigné….Il faut ici adresser un hommage tout particulier à ceux qui, venant épauler leurs collègues locaux, avaient tenté l’aventure
coloniale en y mettant le meilleur d’eux-mêmes pour faire la prospérité du pays ou consacrer leur énergie et leurs compétences au service de la population. Nombre d’entre-eux ont ainsi acquis notre reconnaissance et sont restés à jamais bel-abbésiens « par l’amour investi et la mission accomplie ». Il m’est impossible à ce propos de ne pas insister sur le rôle édifiant de notre Ecole, dont nous évaluons encore mieux l’importance aujourd’hui. Nos belles, et hélas trop rares, photos de classes ne rendent-elles pas compte de la réussite de cette exemplaire éclosion d’une communauté issue d’une telle disparité d’origines géographiques, sociales ou religieuses ? Aussi est-il symbolique qu’à partir de notre EPS, Collège Moderne puis Lycée Leclerc l’èvocation de tant d’épisodes de notre passé aboutisse, dans une fraternité partagée, à une relecture de nos Lettres de Noblesse avec un éclairage plus proche de notre vécu dont la multiplicité et la diversité n’entament en rien la communauté.