Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
L'école buissonnière 2/2 par Jean-Paul de Haro
Bien souvent  d’ailleurs nous avions déjà des adversaires , devenus par la force de l’habitude de véritables partenaires : de jeunes arabes du village nègre, dont certains ne m’étaient pas inconnus, comme nous en rupture de scolarité. A l’endroit où le ruisseau formait un petit bassin à l’eau claire nous respections la pause-repas, discutions entre nous, puis reprenions le jeu avant de revenir tranquillement vers la ville. Seuls des évènements exceptionnels comme l’arrivée du Cirque Amar ou tout autre manifestation d’envergure  pouvaient modifier le cours de nos évasions quotidiennes. Cela aurait pu durer longtemps ! Cela dura quand même presque un mois et demi en Janvier-Février, jusqu’au jour où le frère aîné de mon premier voisin, gendarme de profession faut-il l’avouer, se présenta à la surveillance générale pour s’informer de la bonne ( !) évolution du travail scolaire de son cadet.
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Vous imaginez les conséquences de cette inopportune visite : tous coincés et je faisais évidemment partie de la liste des punis, moi en l’honneur de qui Bouchikhi faisait entonner à toute la classe  « De Haro mrid ( ?) » pour hâter ma guérison et favoriser mon prompt retour en classe. Je ne m’étendrai pas sur les sermons dont je fus l’objet en classe et à la maison.Je dus faire profil bas et cravacher jusqu’à la fin de l’année scolaire pour rattraper mon retard et mériter haut la main mon passage en 5°. Mais j’avais eu chaud aux fesses et la leçon servit à long terme ! D’autant que la plupart de mes compagnons de fugue, les plus âgés, furent sans détour envoyés découvrir le monde du travail, où la majorité d’entre eux finit par se créer de louables situations. Pour eux l’Ecole buissonnière n’avait pas été sans conséquence.
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