Un peu après la chapelle, il y avait les 4 coins au carrefour de l'avenue Kleber et l'avenue Bretaudeau. Ce carrefour était caractérisé par l'existence à chaque coin de trois cafés et d'une épicerie fine. l'un des cafés abritait aussi un cinéma "L'Idéal" appartenant à M. Gomez. Jusqu'en 1930 ou 1931, avant l'ère du parlant, on y passait des films muets, tels que l'attaque de la caravane par les indiens (on ne disait pas encore western ! ), les Charlots qui rendirent célèbre l'homme à la badine ou Rintintin le phare s'éteint. Et puis aussi la saga du Bossu avec sa célèbre réplique que tout le monde lisait à haute et intelligible voix ; "si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira-t-à-toi" et pourtant le "t" ne figurait pas à l'écran ! Sous l'écran, un des fils Gomez donnait une note musicale en jouant du piano. L'après-midi, après la séance, les chaises étaient rangées le long des murs et la salle de cinéma se transformait en salle de bal, jusqu'à ce que la Joyeuse Harmonie ait construit sa propre salle derrière le cinéma. Enfin, tous les ans il ya avait la fête du quartier. Le cadre en était les quatre coins mais les baraques foraines s'installaient jusqu'à la côte du Barrio Alto...
Julien Brazelié : la rue des Fondoucks, 2/2
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Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Ma mère fit don à la chapelle d'une nappe brodée par elle, suite à un vœu qu'elle fit lorsqu'en mai 1940 j'ai combattu en Belgique. A ce propos, le monde est petit ou bien Sidi-bel-abbès est grand. En pleine bataille de Gembloux en Belgique, et en pleine débandade, j'ai rencontré un camarade de Bel-Abbès, "Federico". Le temps de nous demander ce que nous faisions là, nous avons été séparés par une attaque aérienne. Plus tard, après la guerre, j'étais en congé chez mes parents et en me promenant en ville, je rencontrais Federico. Il me croyait mort, je le croyais mort et ça s'est terminé par un excellant repas au restaurant Federico, père de mon camarade.
Chapelle Bretaudeau