Je ne saurais mieux décrire cet évènement que ne l'a fait Rolande Seyvet.
Moi aussi j'avais ma petite mona piquée d'un œuf, mais nous n'avions pas le droit de la manger avant que les cloches fussent revenues de Rome en sonnant à toute volée. C'est que les monas avaient cuit sur des feuilles de papier graissé à la "manteca de vaca" et il fallait respecter le jeûne des jours Saints.
Au petit matin, la rue était parcourue par le "cabrero" et ses chèvres. On entendait le tintement des clochettes autour du cou des bêtes et les cris de "cabra" que ponctuait le berger. Il s'arrêtait à la demande, devant les maisons et trayait les chèvres. "Directement du producteur au consommateur". Dans la matinée passaient les poissonniers, des Arabes poussaient leur étal monté sur roues. Ils annonçaient aux cris de "sardina fresca" ou autres noms de poissons dits en espagnol. On entendait surtout parler cette langue dans les relations de la rue. et puis l'avenue Bretaudeau !
Jallais souvent à la chapelle et surtout à son patronnage jouer et faire du sport avec mes anciens camarades François Mallol, Dédé Caces, Robert Rippol, et Emile Parodi le fils de M. Parodi, un des dirigeants de la Joyeuse Harmonie. Ils habitaient en face de chez nous.
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Julien Brazelié : la rue des Fondoucks, 1/2
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Julien Brazelié (de Mont-Saint-Aignan) né à Sidi-bel-Abbès vers 1920 rue des Fondoucks a écrit ces lignes en 1996 dans le journal khemia. Ce texte complétait un article de Rolande Seyvet sur le faubourg Perrin de Sidi-bel-Abbès
La rue des Fondoucks tenait son nom des fondoucks situés à son extrémité au bord de la Mekerra, près de l'avenue Kléber. Par qui et pour qui avaient-ils été construits ? Manarf ! Dans ma prime enfance ils étaient habités par des familles de gitans qui pratiquaient la tonte des moutons à la saison. Notre maison était située à l'autre extrémité, à une cinquantaine de mètres de l'avenue Bretaudeau. Elle faisait angle avec la rue Jeanne d'Arc. Un peu plus loin, après la rue Mélinet, il y avait le boulanger et c'était chez lui que la rue faisait cuire ses monas à Pâques.