Robert Bounneau : Nos jeux d'écoliers dans la cour de récréation de l'école Voltaire avant 1955. 2/3
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Le propriétaire du stand gardait bien évidemment pour lui tous les pignols qui avaient raté leur cible, mais était tenu de donner trois ou quatre fois la mise au joueur qui réussissait. On jouait aussi « au tuyau », accroupis de part et d’autre d’un chéneau de descente de gouttière, dont la sortie à environ 20 centimètres du sol était coudée horizontalement, pour évacuer l’eau de pluie le plus loin possible.
Le jeu consistait à lancer d'un coup sec de bas en haut un pignol à l’intérieur du tuyau, de façon à ce qu'il grimpe le plus haut possible et avec l'espoir qu'en retombant, il chasse le pignol qui y avait été préalablement installéComme ça ne réussissait pas à tous les coups, il y avait quelquefois 5 ou 6 noyaux d'abricots coincés à l'intérieur du tuyau, qu’un lancer plus chanceux que les autres réussissait toujours par faire tomber tous ensemble, un peu à la manière d’une machine à sous qui crache son jackpot.
Les pignols servant également de monnaie d’échange comme les billes en hiver.
En été chacun s'improvisait « roi de la magique » (c'est du moins le souvenir phonétique que j'en ai).
Mes copains faisaient payer un coup d'oeil dans une espèce de caléidoscope (fabriqué avec des pages de cahier de brouillon savamment pliées), constitué d'un tuyau qui s'emmanchait sur une espèce de poche fermée remplie de confettis de couleurs.I
l suffisait, avant de coller son oeil au bout du tuyau, de secouer chaque fois l'engin « en prononçant les paroles magiques », pour renouveler les  images que chacun interprétait à sa guise. Une année j'ai tenté de me lancer moi aussi sur le marché en faisant payer « pour voir le cinéma ».
A l’intérieur d’une boite de chaussures dans laquelle j’avais découpé une grande fenêtre, j'ai installé les images de ma collection de soldats du 1er empire collées sur des bandes de papier, elles mêmes collées bout à bout, et enroulées à la manière d'une pellicule photographique autour de deux petits bâtons servant d'axes de rotation.

Tournez la page