André Amadeuf :
Mon passage à l' Unité Territoriale 383, page 5/13
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Je ne peux y répondre ,cinquante ans se sont écoulés et ma mémoire n'est pas infaillible !
Voici l'extrait du bulletin des territoriaux concernant Monsieur Delorme :
"Sidi-Bel- Abbès- S'il était possible de donner un bel exemple du magnifique esprit de solidarité, de camaraderie qui peut naître d'une communauté aussi petite soit-elle, il a été donné récemment au sein de la compagnie d'unité territoriale No 375, à l'occasion d'une manifestation éminemment sympathique. Le lieutenant d'aviation Gérard Delorme servant dans les unités territoriales pour les besoins d'une cause commune, que nous connaissons trop bien, avait reçu dernièrement à titre militaire la croix de chevalier de la Légion d' Honneur. Mais monsieur Delorme dont il nous plaît de souligner, en passant, l 'extrême amabilité et un esprit social que nous voudrions voir plus souvent chez des personnes de même rang, n'avait pas encore reçu les insignes de son nouveau grade.
Les territoriaux y avaient pensé et ce sont eux, aidés des sous-officiers et des officiers de la compagnie, qui tinrent à offrir ces insignes à leur chef et camarade". Le Commandant Tchernomazenco m'affecta à la compagnie qui avait son P.C. rue Blandan, voie très courte qui reliait les rues de Strasbourg et de Metz. Nos armes et nos munitions y étaient entreposées.
Les sentinelles pouvaient ainsi assurer la protection des entrées des élèves de l'école Paul Bert et du Lycée de Jeunes filles.
Le Capitaine Roux qui commandait la compagnie m' accueillit comme un fils. Mon père était un de ses grands amis : ils avaient été tous deux sous-officiers d'artillerie dans la même unité une trentaine d'années auparavant. Je le connaissais depuis ma tendre enfance.
Il m'expliqua rapidement en quoi consistait les missions de la compagnie. Outre notre P.C., nous assurions nuit et jour la garde de la poste, du tribunal et de la mairie.
Il était ravi de recevoir un jeune officier, les cadres de la compagnie étaient pour la plupart des hommes relativement mûrs, son adjoint le lieutenant Patouraux ! professeur dépassait la quarantaine. Il en était de même pour les sous-officiers et les hommes de troupes. La plupart d'entre eux avaient passé de longues années sous les drapeaux. Certains avaient fait leur service militaire en 1938 et avaient enchaîné par les campagnes de France, de Syrie, de Tunisie, d'Italie pour finir par débarquer en Normandie ou en Provence , ils avaient pour la plupart fait entre cinq et sept ans d'armée !
