Pas un mot, leurs corps, leurs lèvres sont à l’unisson, si cet instant pouvait ne pas s’arrêter, d’ailleurs il n’y aucune raison pour qu’il cesse, la vie commence aujourd’hui, pour eux, en tous les cas, il faudra maintenant faire durer, que chaque instant soit comme celui là.
Ne plus refréner cette découverte, ne pas la divulguer, les autres n’ont pas besoin de savoir, c’est leur secret, continuer à vivre le quotidien loin l’un de l’autre va devenir difficile.
Ils s’embrassent encore et décident de revenir aux réalités. Ils redescendent par la rue parallèle, celle qui donne sur la grande place du quartier.
Il y a un peu plus de lumière, ils distinguent mieux les personnes qui sont autour du feu, celui-ci est presqu’éteint, ils ne voient plus que des braises rougeoyantes. Il n’y a plus grand monde, ils voient la mère de la jeune fille, qui manifestement attend Claire.
Dans la dernière petite rue avant d’arriver sur l’esplanade, ils échangent leur dernier baiser.
Cet extrait est tiré du roman de Daniel Taddéi : Je t'aime, je t'attends, vous pouvez vous procurer cet ouvrage en écrivant à Daniel ou sur le site de l'Editeur
Le monde, le feu de la Saint-Jean tout leur parait bien éloigné. Ils s’assoient sur les marches qui mènent aux classes de l’école et pour la première fois ils s’embrassent. Ils se serrent l’un contre l’autre, ils sont enlacés, ils pleurent ensemble de bonheur. Ils sont heureux, il n’y a rien à dire, que dire. La tête de Claire est posée sur son épaule, combien de temps ce silence a-t-il duré ? Ils se sont encore embrassés. Ils sont partis enlacés dans les petites rues qui bordent l’école. Ils s’éloignent du feu de la Saint-Jean. Ils se dirigent vers le noir, ils deviennent invisibles surtout dans ces rues mal ou pas éclairées, de toute façon ils seraient en plein jour que rien n’existerait pour eux à cet instant. Le bonheur est indescriptible, quand on le vit il inonde, il rayonne, on a l’impression que le temps s’arrête, le monde est constitué de deux êtres, ils forment un seul être à ce moment de communication, ils sont seuls au monde, il faut le croire, ils n’entendent plus les bruits, ni les pétards de la fête. Ils sont à nouveau serrés l’un contre l’autre, le seul importun, un chat qu’ils ont dérangé, qui s’éloigne en grognant. Pourquoi ces instants si magiques ne sont-ils pas éternels, si chaque fois que deux êtres s’aiment ce pouvait être aussi simple, on s’enlace, on s’embrasse, on se dit que l’on s’aime, que c’est pour la vie.