Parler de la présence Française en Algérie, se résume presque toujours au problème de la torture pratiquée par l'armée Française. On fait alors défiler d'anciens soldats du contingent, témoins de ces interrogatoires musclés qui viennent nous raconter qu'ils en sont encore malades, que depuis ils ne trouvent plus le sommeil.
Pas un seul soldat, et Dieu sait qu'il y en a, qui ne fût témoin de l'état épouvantable de leurs camarades récupérés le lendemain matin d'un accrochage avec le FLN: éventrés, émasculés, égorgés. On ne les torturait pas, c’est vrai ! Ces témoins-là dorment-ils encore en paix?
On invite aussi une ancienne poseuse de bombes du FLN qui monopolise alors la parole, les traits menaçants, et qui récite son bréviaire bien appris. Quelquefois, elle se contente d'ailleurs de répéter ceux que certains Français
bien pensants (pauvres imbéciles!) ne cessent d'affirmer. Elle sait pertinemment qu'elle joue sur du velours.
Pauvre France!
Oui! Cher Monsieur Gauci, nous ne sommes pas sortis de l'auberge. Pas encore du moins.
Nous continuerons encore à entendre nos amis Métropolitains dire :" j'ai un voisin pied -noir, mais c'est un type sympa ! ".Ce "mais" en dit long sur ce que le mot pied-noir a renfermé de ressentiment et de rejet chez nos amis de l'Hexagone.
Faut-il en vouloir à ceux qui gouvernaient en 62, qui manipulaient la seule chaîne télé, l'ORTF, et qui s'efforçaient de "soigner" notre image? Mais il y en avait sûrement d'autres!
Bien cordialement
Manuel de Sidi-Bel-Abbès