Manuel Rodriguez dit Manou Rodriguez de la calle del sol : participation de Manuel au forum du Pélerin 2/3
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Ballotté aux quatre coins de la France, je dus attendre 10 ans pour me rapprocher de Toulouse et, durant quatre ans, pouvoir poursuivre des études que mes parents ne purent jamais me payer. J'avais 32 ans, j'étais marié et père de deux enfants.
Un beau jour, dans mon Sud-ouest d'adoption, eut lieu une véritable mobilisation générale du peuple, avec manifestations dans les villes importantes, assorties même de menaces de recourir aux armes, si on ne les écoutait pas.
Pourquoi? Des gens étaient-ils injustement chassés de leur maison? Etaient-ils à jamais interdits de séjour sur les terres de leurs ancêtres ? Avaient-ils été spoliés de tous leurs biens ? Mais Non! Mais non ! Le gouvernement Français avait tout simplement envisagé d'agrandir un camp d'essais militaires et se proposait d'occuper une lande inhospitalière, inculte et inhabitée, jonchée de rochers affleurants où même les troupeaux de moutons se faisaient de plus en plus rares.Il s'agissait du Larzac !
Faut-il vraiment qu'on ne nous aime pas pour ne pas comprendre pourquoi nous voulions nous cramponner à tout prix à notre chère terre natale. D'autre part, de jeunes appelés du contingent, Métropolitains, ont laissé leur vie lors de ce conflit. On doit s'incliner bien sûr devant la douleur des familles.
Nous avions connu aussi ces drames en 14-18 et en 39-45 et nos monuments aux morts en témoignaient fièrement. Le théâtre des hostilités, cette fois était en France, loin de chez nous, de l'autre côté de la Méditerranée.
Mais nous voyons sur nos écrans de télé, des «  porteurs de valises », des Français de Métropole chargés de collecter des fonds pour armer le FLN, se pavaner devant nous, fiers, orgueilleux, ne regrettant rien.
Les journalistes d'ailleurs les ménagent, ont beaucoup d'égards pour eux. On les comprend !
La FNACA, Anciens combattants d'Algérie, s'obstine à célébrer la date du 19 Mars, fêtée chaque année, en Algérie comme une grande victoire sur la France.
Quel respect pour tous ceux qui sont tombés  après cette date, abandonnés à leur triste sort par l’armée française : Harkis et Français d’Algérie !
C'est à n'y rien comprendre! C’est de l’acharnement. Il est vrai que fêter l’anniversaire de « la quille » est tellement plus important aux yeux de ces ex- braves soldats ! Je vous avouerai que bien souvent, je zappe, tellement je suis écœuré par les émissions de Télé abordant nos problèmes.
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