Manuel Rodriguez dit Manou Rodriguez de la calle del sol : Notre gâteau de Pâques la Mona 2/5
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
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D’autres, expliquaient que les familles des prisonniers espagnols du Fort faisaient parvenir aux détenus, une fois l’an à Pâques, au moyen de longues perches, des gâteaux appelés depuis   mounas ( sic) . Enfin une autre explication, aussi fantaisiste que les précédentes, établissait une relation entre le nom espagnol du gâteau, mona, et celui des singes qui recevaient des morceaux de brioches  que les prisonniers du Fort leur balançaient du haut de leurs fenêtres.
Au lecteur de choisir la bonne explication. En somme, Il n’y en  aurait pas d’autres.
Certes, si l’on  appelle, mona (1), la guenon à queue courte, il faut savoir que le mot a ici une étymologie totalement différente. En vérité, en contrebas de ce Fort, se trouvait une avancée rocheuse et boisée que les Espagnols (dès le 16ème siècle) appelaient « punta de la mona », la pointe de la guenon. Cette précision apparaît dans certaines cartes anciennes.
Emmanuel Roblès imaginait ce que Cervantès , lors de son voyage à Oran fin 1581,  avait pu voir en arrivant sur nos côtes (cf. Algéria n° 49) : le Murdjadjo , le Fort de Santa Cruz, Le Fort de la guenon, « el Fuerte de la mona » …etc., etc.
Voila comment on en arrive à l’appellation Lamoune.D’aucuns avancent aussi que ‘mico’ signifie une petite mona, gâteau. La confusion vient de ce petit travers de plaisantins qui illustrait souvent notre discours, un peu à l’instar des Andalous. Nous aimions beaucoup faire usage de jeux de mots, de mots équivoques, de traits d’esprit. Ce que les Espagnols appellent « un chiste» ou  bien « una broma»
Ainsi lorsqu’un enfant peu sage demandait à sa maman qu’elle lui fît des monas, celle-ci,  agacée, lui répondait souvent : « Oui ! C’est ça, je vais te faire des monas et tu ne veux pas  des micos aussi ?». Les « micos »désignant une autre variété de singes, à queue longue celle-la. Il s’agissait bien sûr d’un jeu de mots. La maman, peu encline à lui être agréable, ne pensait ici qu’aux deux variétés de singes.Pour ceux qui faisaient la fine bouche ou qui n’appréciaient pas assez cette pâtisserie, il était de bon ton de leur dire : « Si tu n’aimes pas les monas, eh bien,  mange des micos ». Encore une plaisanterie où l’on propose à l’interlocuteur de croquer une seconde variété de singe, en feignant de comprendre qu’il n’aimait pas la première. On joue évidemment ici sur le double sens du mot mona.
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