Aussi les horaires étaient sans cesse modifiés pour que tout le monde puisse aussi irriguer dans la journée.
Mon père me racontait que chaque jardinier arrivait sur les lieux un bon quart d’heure avant. Une bêche recourbée à la main, il attendait impassible « son heure ». Il savait que l’eau coulait à côté et il commençait à avertir son voisin de sa présence.
Ils n’avaient pas besoin de se voir. Ils communiquaient à haute voix : « Pedro ! Te quedan 10 minutos ! », Pierre ! Il te reste 10 minutes. On ne plaisantait pas avec la durée qui était impartie à chacun d’entre eux.
Au moment précis, une lampe de fortune à la main, le voisin fermait à l’aide d’une vanne l’accès à sa propriété. Il avait fini son irrigation.