L’ouverture du Printania, dans les années 50, sema aussi un peu la panique. On entendait souvent dans les rues ce genre de réflexion : « Ma fille, ou ma belle-fille, elle achète tout au Printania….. « que está todo más barato », car tout y est meilleur marché. »
Le problème de la « grande » surface était donc déjà posé, chez nous. Je pense d’ailleurs que deux ou trois d’entre ces courageux commerçants, seulement, les plus jeunes, les plus ambitieux, ceux qui avaient su moderniser leur commerce, bien l’achalander, offrir plus de choix, de qualité, prospérèrent vraiment. Quant aux autres ??!! C’était une rue bien connue.
Les Algériens, 46 ans après, ne l’ont pas oubliée et continuent de la nommer « Callalsol ».
Très populaire, on la montrait souvent du doigt avec mépris. Certains enseignants, peu pédagogues, ne se privaient pas de la nommer avec ironie pour narguer un élève dont l’expression avait pris quelques libertés avec la langue de Molière.
Mais qu’est ce que les gens, qui y vivaient, s’y sentaient bien alors, s’accommodant fort bien du brassage de races, de religions et de rang social.
Nombreux sont les Bel-Abbésiens qui eurent d’ailleurs un membre de la famille qui y soit né, qui y ait vécu ou travaillé.