Les 2 Grands d’AFN enfin face à face

Pour atteindre la Grande finale, le Sporting de Bel-Abbès a dû livrer six matches, tous impitoyables. Il a vaincu quatre fois, dont deux en appel, après avoir arraché, par des prodiges d’énergie et de cran, le match nul face au M.O.C. à Constantine et au S.A.M. à Casablanca.

Tous ses succés furent donc enregistrés au stade Monréal, et le plus brillant contre la terreur Hammam-Lif, qui connut une véritable déroute, précipitée par le festival Séva.

Par on ne sait quel phénomène, le S.C.B.A., intraitable, sûr de lui, à Oran, a, jusqu’ici, perdu une partie de ses moyens en jouant dans le fief de son adversaire. Surtout dans la Capitale de l’Est algérien, car à Casablanca, contre le S.A.M., des absences de marque atténuèrent son pouvoir.

Ce sont ces deux expériences néfastes qui nous font vivre dans l’appréhension, en attendant l’issue du choc, plus que la fatigue physique et la chute de tension du moral des nôtres. Mais par expérience aussi, nous savons que la Coupe (surtout pour la Grande Finale) métamorphose les hommes, ravive leur conviction, supprime les fatigues, calme la douleur des blessures, galvanise leurs forces, bâtit des êtres neufs.

Le Sporting peut donc ressusciter à Casablanca, y donner la pleine mesure de ses moyens et s’y montrer, en tous points, digne de sa réputation de << grand >> d’A.F.N., que sa pâle exhibition contre les Marrakchis a dû ternir aux yeux des Marocains.

Du reste, le Sporting ne fut pas le seul à subir le handicap et les conséquences des longs déplacements. Le W.A.C. n’élimina à Alger la médiocre A.S.S.E. que par un simple penalty à zéro et il ne vint à bout de la valeureuse Avant-Garde que par avantage d’un but réussi...au cours des prolongations.

En cette dernière occasion, il fut vivement critiqué et l’on fut à deux doigts d’affirmer que le merveilleux navire partait à la dérive et qu’il ne serait plus bientôt qu’une épave.

C’eût été trop vite condamner ce superbe << onze >>, qui n’a plus peut-être sa personnalité et son punch d’il y a quelques années, mais qui possède encore suffisamment de ressources pour conserver son titre de << grand >> d’A.F.N.

Et ses millionnaires : Abdeslem, au tempérament de feu ; Chtouki, le subtil, et Drise, l’aristocrate, quand ils daignent mener la danse avec flamme, donnent un caractère splendide à son jeu...et souvent l’estocade, à << l’heure de la vérité >>, revêt un panache incomparable.

La coupe, en permettant enfin l’opposition de ces deux << grands >> va donc ouvrir la plus belle page de son histoire.

Quel héros la victoire va -t-elle choisir ?

Les Marocains unanimes, prétendent que le W.A.C. sera l’élu. L’Oranie, moins catégorique, donne des chances certaines au Sporting, mais crfaint les violentes réactions de l’épouvantail chérifien. Un bookmaker offrirait le S.C.B.A. à 2 contre 5... et la proposition paraîtrait correcte.

Mais le Sporting, qui puise des ressources inattendues dans on ne sait quelle mine (son coeur sans doute), est toujours capable de renverser les pronostics, même ceux solidement basés sur la logique. Pourquoi donc ne pas espérer un  triomphe ?

P.C.