Juillet 2007, le voyage de Jean-Claude à Sidi-bel-Abbès

RETOUR   A  SIDI BEL ABBES  MA VILLE NATALE

La nostalgie toujours présente 45 ans après, j’arrive à Bel Abbes. Certes c’est mon quatrième voyage, mais celui-ci revêt un caractère très particulier ; la  sagesse de l’âge me le fait aborder de façon différente, je veux traverser la ville à pied pour ne rien manquer.

Je ne reparle pas de l’entretien des rues ou des nouvelles constructions cela a déjà été fait, mais je veux m’attarder sur les points de détail qui font resurgir des milliers de souvenirs.

J’ai la chance de pouvoir entrer dans les cours d’écoles, dans les classes, sur les terrains de sport, ou dans des lieux comme le conservatoire où je peux consulter des archives encore vivantes, ou encore dans les maisons de mon enfance avec un accueil des plus chaleureux. Je revis avec les Algériens de mon quartier une partie de ma jeunesse.

J’établis un circuit, le même que j’aurai pu faire à mes 14 ans et curieusement s’il y a beaucoup de déceptions, il y a aussi ces traces que je recherche au fond de moi, et cela devient le parcours du cœur !

Les boulodromes, devenus déserts, les terrains vagues propices à des parties de foot acharnées, le jardin public amputé de ses statues, ou « La Joyeuse Harmonie » qui n’affiche plus que de la tristesse, me parlent de ma famille, de moi, de mes amis, et je ne fais plus ce chemin seul. Tous mes souvenirs m’accompagnent  et je suis heureux !

Je pense beaucoup aux amis qui auraient tellement voulu être avec moi  et pour eux, muni d’une carte, j’essaie de retrouver là, une rue, là un portail, là une cour ou un balcon. En arpentant les rues, chaque rencontre est intéressante. Des algériens de toutes générations m’interpellent pour me proposer leur  aide, ou pour me parler de notre époque.

Les anciens regrettent de ne plus pouvoir associer au nom de  notre ville l’appellation du « petit Paris » tant les dégradations sont nombreuses ! et ils échangent avec bonheur les souvenirs que nous avons en commun ! ils prennent plaisir à parler en espagnol pour prouver que nous sommes présents dans leurs mémoires .

Mon séjour s’achève, il est court, certes, mais intense en émotion.

La piscine, aujourd’hui réhabilitée est ouverte au public. C’est pour moi une image positive pour le futur de cette ville.

Notre Mekerra, elle, ne coule plus, et dans son lit , ne stagnent que des tas d’immondices, mais grâce à nous tous, le flot de Mekerra’s ( notre rivière aux souvenirs) traversera  encore longtemps  notre ville et ses environs, pour notre plus grand bonheur.

Jean-Claude RODRIGUEZ

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