Les cloches de Saint-Vincent
Là-bas à mon clocher, les cloches se sont tues
Et l'église désertée s'est vidée de son âme
Inexorablement c'est un destin têtu
Et un funeste sort qui firent naître ce drame
L'abandon du pays qu'un sombre accord scella.
SAINT VINCENT, ruche bourdonnante, si vibrante
Exhalant tant de chants, de musiques priantes
Quand par les matins clairs des dimanches radieux
Montaient jusque dehors les psaumes mélodieux
Quand en sage cortège, les filles de FENELON
Corsage blanc, jupe plissée et chapeau rond
Se rendaient à la messe par la rue CHABRIERE
Sous la garde vigilante d'une soeur tourière.
Quand les cloches sonnaient les Noëls glorieux
Et clamaient aux échos: « Il est né l'enfant Dieu ».
Elles égrainaient leurs notes aux accents harmonieux
Dans le ciel d'ALGERIE au bleu si lumineux
Vibrant ALLELUIA à travers la cité
Pour annoncer à Pâques « JESUS RESSUCITE ».
Quand elle sonnaient encore en joyeuses envolés
Saluant les époux venant de convoler
En justes noces, badauds groupés sur le parvis
Scandant nos joies, nos peines, les heures de la vie
Les cloches de SAINT VINCENT là-bas ne sonnant plus
Dans mon coeur ulcéré résonnent comme un glas.