Les parents étaient réunis dans une grande pièce adjacente, je ne me souviens pas du nombre de personnes, sûrement plus d’une vingtaine. Pour l’apéritif la sacro-sainte anisette fut servie accompagnée de la kémia composée d’ abats de volailles, de cacahuètes, olives et tramousses, les jeunes nous eûmes droit au sirop .
On apporta le gazpacho, pour la première fois j’allais déguster ce plat dont le nom était souvent prononcé à la maison. Il y avait toutes sortes de viandes : du lapin, du poulet , du canard, et de l’oie bien sûr …On mangeait le tout avec une tourte faite maison qui remplaçait le pain classique, nous la brisions en petits morceaux que nous trempions dans la sauce épaisse. C’était délicieux !!! le repas était arrosé d’un excellent vin de pays pour les adultes bien sûr .
Les années suivantes le gazpacho eut lieu à la ferme Vicédo, chez Fifine la fille de la cousine, au lieu-dit Le Rocher près de la Mékerra, les participants étant trop nombreux pour les accueillir à Prudon, mes parents n’ont jamais manqué cette réunion familiale , plus grand je n’y allais plus .
L’après midi nous fîmes un tour dans le centre du village, sur la droite se trouvait la maison Dubreuil, magnifique demeure avec son petit beffroi, derrière, l’église se dressait au bord de la rue principale, en face sur la place de nombreux jeunes se promenaient, je fis la connaissance de Fernand Martinez qui deviendra un camarade de classe au collège, à la rentrée d‘octobre .
Nous rentrâmes à Bel-abbès par le car du soir après avoir passé une journée inoubliable à Prudon. Aujourd’hui encore , chaque fois que j’aperçois une oie à la campagne, je ne peux m’empêcher de penser au jars de Sidi Brahim et une grande tendresse m’envahit.