Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
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Je suis de Sidi-Bel-Abbès, maman ainsi que papa en étaient aussi. Benjamin d’une famille de quatre enfants, deux filles et deux garçons , je me sens toujours très attaché à cette terre de la province d’Oran où mes arrières grands-parents, originaires d’Andalousie, sont venus s’établir dans la deuxième moitié du 19e siècle.  Bel-Abbès, ville fondée par la France en 1843 , était une ville d’Algérie comme les autres, avec ses travailleurs modestes, ses fonctionnaires, ses commerçants et ses petits fermiers ; avec bien sûr les colons, classe sociale possédante et influente mais très minoritaire dans la population.
Francis Rodriguez : un enfant de Bel-Abbès 1/4
Tout cela formait l’ensemble des Bel-Abbésiens, musulmans et européens, courageux, enracinés sur leur terre, et tous marqués par la lutte quotidienne entreprise par les anciens pour faire fructifier un sol souvent ingrat sous le soleil brûlant. Dans la cité, la vie était rythmée par les défilés des « képis blancs » de la légion étrangère et les victoires du Sporting notre équipe de foot-ball : il y avait du soleil, de la passion, de la musique des fifres et des tambours. Mon enfance bercée par les célèbres chansons « la valse brune » et « nuit de chine » que chantaient quelquefois mes parents, fut sans histoire et pleine d’amour . Mes grands- parents adorables et patients m’entouraient de leur affection. Parmi les grandes fêtes, celle de Pâques est celle que j’aimais le plus : c’était la fête de famille, du repas champêtre et des copains. La semaine sainte marquait la fin du carême, mais elle était la plus dure, car on faisait maigre tous les jours jusqu’au matin du Samedi saint, veille de Pâques. Mon grand père décrochait le jambon qu’il avait préparé avec soin  dans la saumure et les épices,le jambon de Pâques était un délice avec les fèves tendres.