Robert Borie : le sport à Bel-Abbès
Souvenirs de Sidi-bel-Abbes
Paru en 1998 dans le journal Khemia
J'ai connu le sport, et le vrai, lorsque j'étais en âge de le pratiquer dans notre belle Algérie, et dans cette magnifique ville de Sidi-bel-Abbès. A cette époque, il y avait deux grands leaders locaux qui nous "droguaient", au sus et au vu de tout le monde. Ils avaient pour nom Robert Morin et Marc Michel, tous deux profs d'EPS.
Robert Morin, plus connu sous le nom de "Père Morin" avait le r
espect des sportifs bélabésiens d'au moins deux générations. Il a entraîné nos aînés, particulièrement le SCBA Rugby à l'époque des Marcel Cornette, les frères Demias, Yerles, Mailhabiau, Lherminé, le Lieutenant Thomas (futur Général de la Légion Etrangère) de mon père Ernest Borie et de ceux dont j'ai oublié le nom, qu'ils veuillent bien m'en excuser. La plupart de ces joueurs sont par la suite devenus nos dirigeants et ont pris le relais du père Morin. Ils nous ont appris l'effort à endurer pour réussir, la droiture, l'honnêteté, la camaraderie et surtout le respect des installations sportives mises à notre disposition. Qu'ils en soient tous ici remerciés.
Lors de la tenue des Jeux
Universitaires et Scolaires à Bel-Abbès, en 1953, le père Morin avait réussi à me débaucher de l'atelier paternel pour arbitrer les rencontres de volley-ball et surtout la finale.
A vingt ans, prendre une dizaine de jours de congés, sur le compte du patron, c'était un exploit, mais quand le médiateur s'appelait "Père Morin", rien ni personne ne pouvait refuser. Ensuite, c'est Marc Michel, jeune professeur d'EPS, nommé au collège de garçons qui a poursuivi cette belle tâche d'éducateur sportif. Tous les gamins du collège rêvaient d'avoir la carrure de leur jeune prof. Le handball et le basket étaient ses domaines de prédilection, évidemment après l'athlétisme. Je l'ai eu comme prof d'EPS et entraîneur joueur au SCBA basket. Il m'a administré une bonne dose de "drogue" le jour où il m'a désigné pour jouer en équipe fanion du SCBA. Le maître et l'élève sous le même maillot, c'est un bonheur et une joie intenses. Ses mots-clés étaient : se défoncer ou se surpasser.
De cette période lointaine, je n'ai rien oublié et elle me revient t
rès souvent en mémoire. Les déplacements en car Grondonna, où toutes les équipes étaient réunies : minimes, cadets, juniors, réserve et première, n'engendraient pas la mélancolie.
Il faut peut-être chercher là la cause de nos défaites car nous
manquions sûrement de concentration à l'appel de l'arbitre. C'est aussi ce qui risque d'arriver à nos sportifs de haut niveau, s'ils chantent la Marseillaise avant le match ! A chacun son appréciation.
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