Robert Giraud a Sidi-bel-Abbes Accueil
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14 - la musique de la Légion par Pierre Mac Orlan
C'est à Sidi-bel-Abbès qu'il faut s'arrêter pour connaître l'orchestre à cordes de la Légion. Il se fait entendre une fois par semaine le mercredi, je crois au cercle des officiers qui possède une excellente salle de concert.
La première fois que je l'entendis sous la haute direction de son chef, M. Aka, je fus profondément surpris par la qualité et l'accent personnel de cet orchestre de grande classe. C'est évidemment l'orchestre idéal pour un chef. Les hommes sont disciplinés par profession. Du réveil jusqu'à l'heure du repos ils ne "font que ça".
La plupart d'entre eux étaient des musiciens de valeur avant de rentrer dans la Légion. Beaucoup ont appartenu aux grans orchestres de Vienne, de Berlin, d'Amsterdam et de Milan. Leur présence dans cette compagnie musicale ajoute naturellement au mystère de cette Légion si riche en hypothèses de toutes qualités. Ces soldats-musiciens apportent avec eux le principe même de cette immense mélancolie qui se confond avec tous les paysages que la Légion anime.
Concert au cercle des officiers en 1946 a Sidi-bel-Abbes
L'aspect de ces hommes corrects derrière leurs instruments attendant le signal de la baguette, dépassait même les limites de la musique qu'ils interprétaient. Des souvenirs et des regrets, une amertume distinguée donnaient aux thèmes de Debussy un rayonnement que le musicien n'avait peut-être pas prévu..

Pierre Mac Orlan : la légion étrangère, Flammarion éd. 1933, pp. 105-106