Clos Bastide
Souvent, aussi, j'avais été frappé d'entendre dire que le Français ne sait pas coloniser, et rapprochant cette interprétation peu flatteuse de ce qui se déroulait tous les jours sous mes yeux, je m'étais demandé si je ne remplirais pas un devoir en présentant les faibles moyens dont je disposais pour détruire ce préjugé, sans avoir la prétention de faire une étude spéciale sur cet art que ni mon peu de loisir, ni mon insuffisance ne me permettaient d'aborder.
Tous les peuples ont un penchant à aller s'établir au loin pour exporter les produits des pays nouveaux, dans le but d'améliorer le sort des nationaux qui s'expatriaient ainsi, d'avantager le consommateur et d'enrichir leur propre nation.
Pour envisager la question au point de vue du plus ou moins d'aptitude que possède notre pays à coloniser, et bien que quelques essais de ce genre aient pu produire parfois des déceptions dans des parties isolées, ne convient-il pas de voir les effets généraux qui ont été obtenus : les pays déserts se couvrant d'une population laborieuse, la civisilation remplaçant le plus souvent la barbarie,
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Leon BASTIDE, maire de Sidi-bel-Abbès 2/6
Léon Bastide vu par lui-même (extrait de son ouvrage "Bel-Abbès et son arrondissement ") ill. René Soro

Fixé, de bonne heure, à Bel-Abbès, où ma famille était arrivé en 1851, je m'adonnai entièrement à la vie de colon qui prédispose le plus aux études sérieuses, en même temps qu'elle attache à ce sol, où se trouvent désormais nos affections, nos intérêts, nos joies et nos tourments de chaque jour.
C'est ainsi que j'appris à aimer cette contrée, ma seconde patrie, et que d e tout temps j'eus l'idée de réunir les principaux faits qui l'intéressent, jaloux de faire connaître au plus grand nombre l'objet de mon vif attachement.